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Wednesday, October 28, 2026

Concepts, théories: Cyber-Desistance / Cyber désistance

La cyber-désistance désigne le processus de sortie progressive de la trajectoire cyberdélinquante/cybercriminelle. La désistance renvoie bien à un processus et non à un évènement ou phénomène ponctuel. La cyber-désistance s'inscrit dans la problématique plus générale de la désistance criminelle, sans que les processus de sortie de la cybercriminalité ne soient nécessairement les mêmes que pour les catégories plus conventionnelles de criminalité. On peut également envisager que les processus de désistance, ses moteurs explicatifs, diffèrent selon les formes de cybercriminalité. L'article de J. Loggen (2024) par exemple, se concentre sur la désistance de la cybercriminalité financière. On pourrait également envisager d'autres formes de cybercriminalité (en fonction de leurs finalités, de leur qualification juridique, de leur niveau de technicité, etc.), la diversité des contextes et environnements (sociaux, politiques, criminalité individuelle ou organisée...) De l'article on retiendra notamment que les sorties de cybercriminalité sont souvent multi-causales. 

Alice Hutchings (2016) considère la cyber-désistance comme la troisième phase des trajectoires de cybercriminalité, après l'entrée dans la cybercriminalité et le maintien dans la carrière cybercriminelle. Elle considère que les cybercriminels cessent leurs activités lorsque les bénéfices qu'ils en retirent diminuent ou que les coûts (non limités aux sanctions pénales, comme par exemple les conséquences sur la vie personnelle, le sentiment de culpabilité...) deviennent supérieurs aux bénéfices (bénéfices financiers, sociaux, psychologiques) attendus. La désistance relève donc d'un calcul coût/bénéfices et peut donc être expliquée à la lumière de la théorie des choix rationnels. La sortie de la trajectoire cybercriminelle peut donc se faire progressivement, résulter de plusieurs facteurs qui influencent ou déterminent les choix ou les évolutions du cyberdélinquant/criminel. La désistance n'est pas nécessairement définitive: il peut y avoir récidive, reprise des comportements délinquants/criminels. Elle doit donc être vue comme un changement d'état, potentiellement temporaire, fragile. Dans l'approche que propose Alice Hutchings les moteurs du maintien dans la cybercriminalité et de la sortie (désistance) reposent sur le même principe (rapport coût/bénéfice), mais la phase d'entrée s'en écarte car elle reposerait sur d'autres facteurs tels que l'opportunité, les contacts avec d'autres individus, etc.   

De rares travaux récents s'efforcent de poser des bases empiriques à l'étude de la cyber-désistance (Asiama, 2026).  

Lire: 

Asiama, Aikins Amoako. « Pathways of Intention: Narratives of Future Withdrawal from Cyber Fraud Among Ghanaian Youth ». Journal of Developmental and Life-Course Criminology 12, no 1 (2026): 17. https://doi.org/10.1007/s40865-026-00306-y.

Hutchings, Alice. « Cybercrime Trajectories: An Integrated Theory of Initiation, Maintenance, and Desistance ». In Crime Online: Correlates, Causes, and Context, Carolina Academic Press. Carolina Academic Press, s. d. Consulté le 28 octobre 2026. https://www.academia.edu/23696454/Cybercrime_trajectories_An_integrated_theory_of_initiation_maintenance_and_desistance.

Loggen, Joeri, Asier Moneva, et Rutger Leukfeldt. « A systematic narrative review of pathways into, desistance from, and risk factors of financial-economic cyber-enabled crime ». Computer Law & Security Review 52 (avril 2024): 105858. https://doi.org/10.1016/j.clsr.2023.105858.

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