Total Pageviews

Monday, July 13, 2026

Concepts, théories: Ochlocracy

Le concept d'ochlocratie se réfère au pouvoir de la rue (M. Winock, 2024), gouvernement de la foule, au pouvoir des masses, dont la force exerce sa pression sur le pouvoir en place. Elle est une forme dégénérée de la démocratie : "la démocratie dégénère en ochlocratie, l'aristocratie en oligarchie" (J.J. Rousseau, Du Contrat Social). L'ochlocratie survient quand les masses sont l'instrument de leaders populistes. Existe une autre notion assez proche, sémantiquement: celle de mobocratie (mobocracy) (F. Verger, 2021). J. P. Galvez entend l'ochlocratie dans son acception classique (terme grec ὀχλοκρατία (ochlocratie), qu'il traduit par « mob rule » (gouvernement de la foule, mais en prolonge la définition en la considérant comme une pathologie contemporaine des démocraties représentatives et non pas comme une catégorie ou un régime politique totalement distinct de la démocratie (J.P. Galvez, 2016). L'ochlocratie serait plutôt un phénomène affectant la démocratie de l'intérieur, une forme de captation des procédures démocratiques par des forces populistes qui tirent parti d'un affaiblissement de la paideia (formation civique des citoyens) et appuient leur dynamique sur une simplification du débat public, sur l'exploitation des mécanismes électoraux, etc. La société civile est généralement conçue comme un pilier de la démocratie mais dans certaines conditions (affaiblissement de l'efficacité des institutions, affaiblissement de la sphère publique de discussion rationnelle...) elle peut se faire le vecteur de l'ochlocratie (Jasmin Hasanović, 2015). 

La notion d'internet-ochlocratie (Vsevolod O. Shipulin, 2021) désigne une situation où les processus décisionnels et les échanges publics sont dominés par des foules numériques, davantage que par un débat rationnel. Les masses connectées parviennent à influencer fortement les débats, les décisions ou les comportements collectifs via les réseaux numériques. L'un des défis de la gouvernance de l'espace numérique est alors de trouver un équilibre afin d'échapper aux deux risques que sont l'internet-ochlocratie d'un côté, la dictature informationnelle de l'autre.  

Lire

Hasanović, Jasmin. « Ochlocracy in the practices of civil society: a threat for democracy? » Studia Juridica et Politica Jaurinensis 2 (janvier 2015): 56‑66.

Padilla Gálvez, Jesús. « Democracy in Times of Ochlocracy ». Synthesis philosophica 32 (décembre 2017): 167‑78. https://doi.org/10.21464/sp32112.

Shipulin, Vsevolod O., Nikolay A. Kashchey, et Stanislava A. Bazikyan. « Internet-Ochlocracy Or Information Dictate: On Communicative Space Regulation In Digital Era ». European Proceedings of Social and Behavioural Sciences Perishable And Eternal: Mythologies and Social Technologies of Digital Civilization (décembre 2021): 87‑93. https://doi.org/10.15405/epsbs.2021.12.03.12.

Verger, Frédéric. « La mobocracy en Amérique ». Revue des deux Mondes, no 3 (2021): 156‑60. https://doi.org/10.3917/rd2m.2104.0156.

Winock, Michel. « De la démocratie à l’ochlocratie : comment gouverner les Français ? » Informations. Challenges, 20 juillet 2024. https://www.challenges.fr/idees/de-la-democratie-a-l-ochlocratie-comment-gouverner-les-francais_900008.

Friday, July 10, 2026

Concepts, théories: Hyperdemocracy / Hyperdémocratie

Selon A. et H. Toffler les progrès des NTIC dans les années 1990 ouvrent la voie à de nouvelles possibilités de participation directe des citoyens dans la prise de décision politique. Mais cette cyberdémocratie est déjà en grande partie réalité, avance Robert Wright dans son article "Hyperdemocracy" publié dans le magazine Time en 1995 (R. Wright, 1995). Cette dernière n'a pas eu les effets positifs escomptés. R. Wright considère l'hyperdémocratie comme une tendance négative: "la dérive vers l'hyperdémocratie s'est opérée sans que personne ne l'ait planifiée". Elle remet en question les fondements mêmes, la solidité de la démocratie représentative, en soumettant ses processus décisionnels à l'influence d'une opinion publique fluctuante. L'hyperdémocratie est ainsi une situation dans laquelle les TIC rendent les responsables politiques très et trop réactifs aux opinions instantanées des citoyens et aux mobilisations des groupes d'intérêts, ce qui se traduit par des politiques impulsives, un affaiblissement du leadership politique, un risque de fragmentation accrue du débat public dans le cyberespace. D'autres articles ont repris ce concept qui désigne une évolution de la démocratie américaine, marquée par une démocratisation poussée à un nouveau où les effets qu'elle produit sont contre-productifs (H. Eclo, 1999) car trop sensible aux opinions publiques, accordant une place importante à l'expression dans les médias, aux sondages, aux groupes de pression, aux NTIC et qui produisent paradoxalement de la méfiance, une dégradation des débats publics, et, in fine, une difficulté plus grande à gouverner. 

Lire

Heclo, Hugh. « Hyperdemocracy ». The Wilson Quarterly 23, no 1 (1999): 62‑71.

Wright, Robert. « Hyperdemocracy ». U.S. Time (USA), 23 janvier 1995. https://time.com/archive/6726612/hyperdemocracy/.

Article rédigé par Daniel Ventre, le 10 juillet 2026. Ne pas reproduire sans autorisation. 

Thursday, July 9, 2026

Concepts, théories: Hamiltonian, Jeffersonian, Jacksonian and Wilsonian traditions

Quatre traditions semblent marquer en profondeur la politique étrangère américaine: les traditions Hamiltonienne, Jeffersonienne, Jacksonienne et Wilsonienne (Isabella Black, 2025) (Walter R. Mead, 2002), même si aucun des présidents qui ont dirigé les Etats-Unis ces dernières décennies n'inscrit ses politiques dans une seule d'entre elles. La tradition Hamiltonienne considère que le commerce international est l'instrument de puissance majeur des Etats-Unis. Le commerce international est un instrument stratégique, il importe donc de renforcer les liens avec des partenaires internationaux économiquement forts. La sécurité nationale repose sur une économie forte davantage que sur une armée ou une diplomatie coercitive, car une économie forte peut résister aux pressions extérieures et négocier en position de force (B. Agwanda, 2026). "Ce courant propose une stratégie globale qui promeut activement le commerce américain, le patriotisme américain et un réalisme éclairé en matière de politique étrangère." (Walter Russell Mead, 2024). La tradition Jeffersonienne se montre méfiante envers les grandes institutions internationales et les engagements vis-à-vis de l'étranger, se traduisant par une réticence à toute forme d'intervention notamment militaire à l'étranger et un désir de recentrage sur les affaires intérieures (Grant Morgan, 2026). Elle privilégie la démocratie interne, et peut paraître isolationniste, nationaliste. Le réalisme jacksonien met l'accent sur la souveraineté populaire, la force militaire, l'honneur et la sécurité nationale. Elle fonde la politique étrangère sur la réputation comme moteur de dissuasion (la puissance dépend de la croyance que les autres Etats ont de la volonté d'agir de l'Amérique sans hésitation et de manière décisive quand elle est provoquée. Toute humiliation est considérée comme une menace existentielle, toute provocation impose réponse, réaction (Jordan Miranda, 2026). L'isolationnisme jeffersonien et le populisme national jacksonien ont refait surface dans l'Amérique post 9/11 (Walter Russell Mead, 2024). La tradition Wilsonienne défend le libéralisme international, le multilatéralisme, les valeurs (démocratie, droits de l'homme...) et le principe de responsabilité incombant aux Etats-Unis de rendre le monde plus sûr pour la démocratie. L'idéalisme (diriger le monde en insistant sur les valeurs morales), qui est au centre de la tradition wilsonienne, est en tension avec le réalisme (qui privilégie les intérêts nationaux et la puissance brute) (Jared O. Bell, 2026). 

Quelques auteurs ont tenté d'établir une relation entre les politiques cyber et ces traditions de politique étrangère. La tradition hamiltonienne par exemple, qui recherche un équilibre entre les libertés et l'ordre, permettrait de construire des normes juridiques capables de réduire les ambigüités propres au cyberespace (Z.L. Malekos Smith, 2018). Le cyber et l'IA sont devenus des ressources centrales de la puissance géopolitique, au même titre que l'industrie, l'énergie ou l'armée. La crédibilité de la puissance américaine dépend de sa capacité à conserver une supériorité technologique. Pour maîtriser ces ressources l'Etat doit mobiliser les entreprises privées. La tradition hamiltonienne américaine privilégie le développement de la puissance nationale grâce à une coopération étroite entre l'État et les acteurs économiques (logique hamiltonienne de partenariat entre puissance publique et économique/industrielle) (Léonie Allard, 2025). 


Lire

Agwanda, Billy. « Lead the World, Don’t Police It ». Foreign Analysis 3, no 7 (2026): 41‑53.

Allard, Leonie. « U.S. Foreign Policy: Power in the Age of AI ». Think Tank. Institut Montaigne, 21 novembre 2025. https://www.institutmontaigne.org/en/expressions/us-foreign-policy-power-age-ai.

Bell, Jared O. « The World Must Be Just ». Foreign Analysis 3, no 7 (2026): 54‑68.

Black, Isabella. « More Than a Doctrine ». Foreign Analysis 3, no 7 (2026): 11-28. 

Malekos Smith, Zhanna L. « What Alexander Hamilton Can Teach Us About Cyber Policy ». Defense One, 21 juillet 2018. https://www.defenseone.com/ideas/2018/07/what-alexander-hamilton-can-teach-us-about-cyber-policy/149921/.

Mead, Walter Russell. Special Providence. Routledge, 2002.

Miranda, Jordan. « Reputation Is Strategy ». Foreign Analysis 7, no 3 (2026): 69‑78.

Morgan, Grant. « The War Was Never Ours ». Foreign Analysis 3, no 7 (2026): 29‑39.

Russell Mead, Walter. « The Return of Hamiltonian Statecraft | Hudson Institute ». Think Tank. Hudson Institute, 20 août 2024. https://www.hudson.org/foreign-policy/return-hamiltonian-statecraft-walter-russell-mead.


Article rédigé par Daniel Ventre, le 9 juillet 2027. Ne pas reproduire sans autorisation.  

Friday, July 3, 2026

Concepts, théories: Post-Truth Era / Ere Post-Vérité

Rappelons quelques définitions de la post-vérité (post-truth): selon l'Oxford Dictionary (2016) elle est une situation où "les faits objectifs influencent moins l'opinion publique que les appels à l'émotion et aux croyances personnelles"; "un mécanisme de suprématie idéologique où les faits sont systématiquement subordonnés à la domination politique" (L. McIntyre, 2018); "un "malaise de la vérité " où les faits objectifs ne sont pas seulement déformés, mais systématiquement remplacés par des appels émotionnels (pathos) qui empêchent toute argumentation rationnelle (logos)" (Al-Shidrawi, 2026). "La post-vérité est une stratégie politique d'hégémonie qui fait appel aux préjugés, aux émotions et aux croyances pour conquérir le pouvoir et exercer sa domination" (Mohamed Mifdal, 2023). "Post-truth politics" se réfère aux tactiques ou stratégies politiques déployées par les nouveaux autocrates. Il ne s'agit plus seulement d'entretenir un culte de la personnalité, ni seulement de mentir. La post-vérité consiste à nier la réalité d'une existence vérifiable, "brouiller les pistes au point qu'il devienne difficile de distinguer le vrai du faux" (Moises Naim, 2022). Une chose est vraie parce qu'elle a été dite et parce qu'elle est acceptée comme telle par une large audience. Ce qui compte n'est plus la correspondance d'un fait à une réalité vérifiable, mais l'identité ou l'autorité du locuteur et l'existence d'une large audience partisane (voire fanatique) (exemple: des millions d'américains ont été persuadés par D. Trump que les élections de 2020 lui ont été volées par des moyens frauduleux au bénéfice de J. Biden). 

La post-vérité ne se réduit pas à la désinformation, accumulation de fausses informations qu'il s'agirait de corriger. La post-vérité introduit une problématique plus profonde car elle introduit une manière différente de définir ce qui est vrai: elle ignore le le standard conventionnel de preuve et résiste au corrections factuelles. Le débat public est marqué par l'existence de réalités alternatives partagées par des millions d'individus, où prévalent les croyances, les préjugés. Les affirmations qui caractérisent la post-vérité ne cherchent pas à construire une explication cohérente du monde (Stephan Lewandowsky et al., 2017)

La post-vérité serait la conséquence de notre rapport à la vérité. Nous n'acceptons plus les réalités que le monde nous assène, les vérités qui reflètent ce que nous sommes. Les dictateurs, autocrates, n'ont plus à faire l'effort de masquer la vérité. "Par nos actes, nous affirmons que cela n’est plus nécessaire, que nous avons acquis un mécanisme spirituel capable de dépouiller la vérité de toute signification. De manière très fondamentale, en tant que peuple libre, nous avons librement décidé de vivre dans un monde de 'post-vérité' " (Steve Tesich, 1992). Des travaux récents s'interrogent notamment sur les raisons endogènes de la vulnérabilité d'une population à la politique post-vérité (Stephen Welch, 2018). 

Lire

Al-Shidrawi, Shadi Yacoub. « The Post-Truthist Lens: Forensic Literacy, Reality-Decay, and Political Practice in Mid-Twentieth-Century Fiction ». Social Sciences & Humanities Open 13 (juin 2026): 9. https://doi.org/10.1016/j.ssaho.2026.102998.

Lewandowsky, Stephan, Ullrich K. H. Ecker, et John Cook. « Beyond Misinformation: Understanding and Coping with the “Post-Truth” Era ». Journal of Applied Research in Memory and Cognition 6, no 4 (2017): 353‑69. https://doi.org/10.1016/j.jarmac.2017.07.008.

McIntyre, Lee. Post-Truth. The MIT Press, 2018. https://doi.org/10.7551/mitpress/11483.001.0001

Mifdal, Mohamed. « Post-truth, conspiracy, and fake news in the uncertain times of COVID-19 pandemic in Morocco ». Social Sciences Information. Information Sur Les Sciences Sociales, 4 juillet 2023, 24. https://doi.org/10.1177/05390184231184155.

Naím, Moisés. « The Dictator’s New Playbook ». Foreign Affairs, 22 février 2022.

Tesich, Steve. « A Government of Lies ». The Nation 254, no 1 (1992): 12.

Welch, Stephen. « Post-Truth, Post-Democracy and Hyperdemocracy: Exogenous and Endogenous Threats to Democracy ». ECPR General Conference, Hamburg, août 2918. https://ecpr.eu/Events/Event/PaperDetails/42218.

Article rédigé par Daniel Ventre, le 3 juillet 2027. Ne pas reproduire sans autorisation.  

Thursday, July 2, 2026

Concepts, théories: Cyberdemocracy / Cyberdémocratie

Dès les années 1960 aux Etats-Unis les ordinateurs s'immiscent dans le processus électoral: des ordinateurs sont utilisés pour les calculs des décomptes des votes. Ces systèmes informatisés prennent une place de plus en plus importante au cours des deux décennies suivantes. Mais on en vient à douter ou du moins interroger légitimement la fiabilité et la sécurité des dit systèmes: peut-il y avoir manipulation des résultats par intervention sur les logiciels?; les logiciels de décompte peuvent-ils rester la propriété privée des entreprises? Les entreprises américaines œuvrant habituellement pour la défense, peuvent-elles entrer sur ce nouveau marché? (R. Dugger, 1988) Les considérations portent alors sur l'informatisation de la démocratie (computerization of democracy), ou plutôt des effets de l'informatisation sur l'un des processus centraux de la vie démocratique, à savoir les élections. L'ordinateur est-il un outil qui consolide la démocratie (en rendant par exemple les résultats des élections indiscutables?). On s'inquiète également, à la fin des années 1980, des risques d'ingérence étrangère dans les élections. Il est en effet question de "la possibilité que des puissances étrangères causent des dommages considérables au pays en attaquant physiquement ou logiquement les systèmes de dépouillement des votes » (R. Dugger, 1988). 

La notion de cyberdémocratie apparaît expressément au cours de la décennie 1990. On parle alors également d' "electronic democracy" ou "e-democracy" (R. Tsagarousianou, 1998). La cyberdémocratie y est appréhendée comme une nouvelle étape des sociétés démocratiques qui, en s'appuyant sur Internet comme moyen de stimulation de l'engagement civique, permet une participation démocratique amplement accrue. L'Internet doit être le moteur d'une nouvelle dynamique qui offre aux citoyens des moyens d'interaction entre eux et avec leurs élus et institutions, en dépassant largement les cadres traditionnels (Paul Ferber, 2007). Les citoyens ordinaires, avance alors L.K. Grossman, “by pushing a button, typing online, or talking to a computer... will be able to tell their president, senators, members of Congress, and local leaders what they want them to do and in what priority order” (L.K. Grossman, 1995). 

Dans les années 1990 il semble communément admis qu'Internet est un outil de renforcement de la démocratie, parce qu'il : abaisse la barrière d'entrée dans la participation politique, renforce le dialogue politique, crée de la communauté, ne peut pas être contrôlé par le gouvernement, augmente la participation aux votes, facilite la communication avec ceux qui nous dirigent, et diffuse la démocratie dans le monde entier (E.M. Noam, 1999). Les créateurs et promoteurs de l'Internet considèrent que l'espace virtuel n'est pas hiérarchique, et qu'il est de ce fait intrinsèquement démocratique (N. Lemai et al., 2004). Ces certitudes donnent lieu à débats contradictoires: internet rendra le débat politique moins éclairé et réfléchi; l'Internet déconnecte autant qu'il connecte; l'information n'affaiblit pas nécessairement l'Etat; le vote électronique ne renforce pas la démocratie; Internet facilite la manipulation internationale des politiques nationales (E.M. Noam, 1999). 

Lire

Dugger, Ronnie. « Democracy in the Computer Age ». A Journal of Free Voices, 11 novembre 1988.

Ferber, Paul, Franz Foltz, et Rudy Pugliese. « Cyberdemocracy and Online Politics: A New Model of Interactivity ». Bulletin of Science, Technology & Society 27, no 5 (2007): 391‑400. https://doi.org/10.1177/0270467607304559.

Grossman, Lawrence K. The Electronic Republic: Reshaping Democracy in the Information Age - a Twentieth Century Fund Book. Penguin, 1996.

Lemai, Nguyen, et Torlina Luba. « Power Relations in Cyber Communities ». Proceedings of the 12th European Conference on Information Systems, juin 2004, 1‑13. http://hdl.handle.net/10536/DRO/DU:30005295.

Noam, Eli M. « Why the Internet Is Bad for Democracy ». Conference. Telecommunications Policy Research Conference, Alexandria, VA, septembre 1999. https://business.columbia.edu/sites/default/files-efs/imce-uploads/CITI/Articles/Why%20the%20internet%20will%20be%20bad%20for%20democracy.pdf.

Tsagarousianou, Roza, Damian Tambini, et Cathy Bryan. Cyberdemocracy: Technology, Cities and Civic Networks. Routledge, 1998.