Le propos de Katherine E. Sutton, Assistant Secretary of War for Cyber Policy, lors de son audition du 28 janvier 2026 devant le Senate Armed Services Committee – Subcommittee on Cybersecurity, traite de l'initiative CYBERCOM 2.0 et plus spécifiquement d'un sujet fondamental: celui des ressources humaines en matière de cyberdéfense. Le projet CYBERCOM 2.0 vise à transformer la manière dont les forces de cyberdéfense américaines sont organisées, formées et équipées. Le défi est permanent, qui appelle à une adaptation constante, à la fois aux évolutions techniques, à celles des pratiques, aux transformations propres à l'environnement national (les changements de stratégies dictées par le pouvoir politique qui peuvent tantôt privilégier des stratégies défensives, tantôt plus résolument offensives), et au contexte international (ce que sont et font les adversaires dans le cyberespace). Face à tous les défis actuels, K. E. Sutton estime que les modèles traditionnels de recrutement et de formation ne sont pas optimaux. CYBERCOM 2.0 a donc pour mission de reconstruire le modèle de génération des forces cyber axé sur la maîtrise du domaine (privilégier l'expertise approfondie à un modèle généraliste), organiser la cyberdéfense autour d'unités dédiées (spécialisées dans des missions critiques), et une organisation favorisant l'agilité (capable de déploiement dynamique des talents cyber pour contrer rapidement les attaques). Pour cela les forces de cyberdéfense devront procéder à des recrutements ciblés, attirer et retenir les talents (défi de toujours, face à la concurrence du privé), avoir une organisation plus souple, réactive, sans épuiser les ressources et les capacités. Créer des parcours de carrière attractifs et renforcer la supériorité face aux adversaires.
eConflicts is a blog written by Daniel Ventre, about cyberconflicts, cyberwar, cybersecurity / cyberdefense, information warfare, cybercrime, political science and international relations
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Monday, February 2, 2026
Thursday, January 29, 2026
Wednesday, January 28, 2026
A propos des limites de l'efficacité de la guerre cognitive
Cognitive Warfare Without a Map: Why Current Targeting Logic Fails in a Fast-Moving Information Ecosystem,
Ce court article publié sur le site de Small Wars Journal, soutient que la logique de ciblage traditionnelle héritée des opérations cinétiques perd de son sens et de son efficacité dans l’écosystème informationnel moderne en perpétuel mouvement. Car tant les récits, que croyances, perceptions, évoluent beaucoup plus rapidement que les cycles de décision militaire classiques. Les caractéristiques fondamentales de l’information (vitesse de propagation ; interconnexion se traduisant par la diffusion des effets à travers des réseaux complexes ; et adaptabilité des comportements et des croyances qui se transforment, réagissent, s’adaptent au contact des efforts d’influence) rendent l’écosystème ou environnement informationnel difficile à fixer pour y mener des opérations.
Monday, January 26, 2026
EU - Towards a new cybersecurity package...
La Commission européenne a proposé le 26 janvier 2026 un projet visant à constituer un nouvel ensemble de règlementation en matière de cybersécurité: en envisageant une mise à jour du Cybersecurity Act (de 2019), pour renforcer la sécurité de la supply chain, simplifier le cadre de certification de cybersécurité, accroître le rôle de l'ENISA, introduire des amendements à la NIS2...
Tout ceci va-t-il véritablement dans le sens d'une simplification et faciliter la maîtrise d'un corpus réglementaire européen déjà dense?
USA - Testimony of Dr. Madhu Gottumukkala - Director of the CISA
USA - Testimony of Dr. Madhu Gottumukkala (Acting Director Cybersecurity and Infrastructure Security Agency U.S. Department of Homeland Security) before the Committee on Homeland Security U.S. House of Representatives, on “Oversight of the Department of Homeland Security: CISA, TSA, S&T”. January 21, 2026.
Ce témoignage insiste sur l'importance de la cybersécurité, élément central de la sécurité nationale des Etats-Unis. Il réaffirme également le rôle central de la CISA dans la protection des infrastructures critiques ainsi que de la coopération public-privé dans l'anticipation et le traitement des menaces.
Saturday, January 24, 2026
USA - 2026NDS - National Defense Strategy - Department of War
USA - 2026NDS - National Defense Strategy - Department of War. Unclassified 23 January 2026. 34 pages. Document subtitled "Restoring Peace Through Strength for a New Golden Age of America".
Le texte inscrit en préambule du document, signé par le secrétaire à la défense, met en avant la doctrine "America First" de D. Trump qui veut faire rupture avec un passé au cours duquel les intérêts des américains auraient été négligés. Cette critique ferme des postures, politiques, décisions des gouvernements précédents recourt à des formulations qui ne font pas dans la demi-mesure: "Previous administrations squandered our military advantages and the lives, goodwill, and resources of our people" in grandiose nation-building projects and selfcongratulatory pledges to uphold cloud-castle abstractions like the rules-based international order" ("Les administrations précédentes ont dilapidé nos avantages militaires ainsi que les vies, la bonne volonté et les ressources de notre peuple dans des projets grandioses de construction nationale et des promesses auto-satisfaites de défendre des chimères telles que l'ordre international fondé sur des règles."). "Cette approche repose sur un réalisme flexible et pragmatique".
Le document décline les modalités envisagées pour traduire le projet "America First" au prisme de la stratégie de défense. Le document dans son ensemble prend la forme d'un texte de déclaration de politique internationale, dans lequel les sources de tensions identifiées restent globalement les mêmes qu'auparavant (Chine, Russie, Iran, Corée du Nord, terrorisme islamiste...), mais où d'autres sont apparues (migration), et où l'on voit s'affirmer les nouveaux objectifs (Groënland...).
L'objet "cyber" est assez peu présent dans le document. Le cyberespace demeure toutefois l'un des vecteurs des menaces qui pèsent sur la sécurité nationale. La cyberdéfense est donc au rang des priorités de la défense américaine. L'IA est à peine évoquée.
Thursday, January 22, 2026
USA - AI in future warfare
La RAND Corporation vient de publier un rapport intitulé "How Artificial Intelligence Could Reshape Four Essential Competitions in Future Warfare" (22 janvier 2026).
De quelle manière l'IA pourra-t-elle influencer la guerre (la manière dont combattent les armées et remportent les conflits)? Question relativement conventionnelle donc, que celle de l'impact des technologies, aujourd'hui l'IA, la robotique, demain le quantique, hier le cyber, l'informatique, sur la guerre, la façon de la faire, et parfois sur la nature même de la guerre.
Postulat: les capacités cognitives humaines (mémoire, vitesse d'analyse, fatigue, etc.) ne sont plus ou seront de moins en moins un facteur limitant. Grâce à l'IA les capacités de traitement et analyse des données/informations sont pratiquement sans limites. Ce que les auteurs du rapport formulent de la manière suivante: "AI delivers on its goal of removing the limits of human intelligence as a constraint on military operations". La question du rapport est alors: quelles sont les conséquences de cette hypothèse sur la conduite de la guerre? Pour tenter d'y répondre le rapport propose un cadre conceptuel organisé autour de 4 objets: quantité versus qualité; dissimulation versus détection; C2 centralisé versus décentralisé; cyber-offensif versus cyber-défense.
Les auteurs concluent:
- "Quantity could gain a significant edge over quality"
- "More-sophisticated hiding could help offset advances in finding, but this will require new approaches and investments in deception"
- "Mission command—a hybrid of centralized and decentralized C2 models—will remain desirable"
- "Cyber defenses will benefit from AI in ways that could make battle networks more resilient against cyberattacks in the long term."
- "Militaries that fail to embrace mass and deception might be at a serious disadvantage in a world of advanced AI."