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Friday, July 10, 2026

Concepts, théories: Hyperdemocracy / Hyperdémocratie

Selon A. et H. Toffler les progrès des NTIC dans les années 1990 ouvrent la voie à de nouvelles possibilités de participation directe des citoyens dans la prise de décision politique. Mais cette cyberdémocratie est déjà en grande partie réalité, avance Robert Wright dans son article "Hyperdemocracy" publié dans le magazine Time en 1995 (R. Wright, 1995). Cette dernière n'a pas eu les effets positifs escomptés. R. Wright considère l'hyperdémocratie comme une tendance négative: "la dérive vers l'hyperdémocratie s'est opérée sans que personne ne l'ait planifiée". Elle remet en question les fondements mêmes, la solidité de la démocratie représentative, en soumettant ses processus décisionnels à l'influence d'une opinion publique fluctuante. L'hyperdémocratie est ainsi une situation dans laquelle les TIC rendent les responsables politiques très et trop réactifs aux opinions instantanées des citoyens et aux mobilisations des groupes d'intérêts, ce qui se traduit par des politiques impulsives, un affaiblissement du leadership politique, un risque de fragmentation accrue du débat public dans le cyberespace. D'autres articles ont repris ce concept qui désigne une évolution de la démocratie américaine, marquée par une démocratisation poussée à un nouveau où les effets qu'elle produit sont contre-productifs (H. Eclo, 1999) car trop sensible aux opinions publiques, accordant une place importante à l'expression dans les médias, aux sondages, aux groupes de pression, aux NTIC et qui produisent paradoxalement de la méfiance, une dégradation des débats publics, et, in fine, une difficulté plus grande à gouverner. 

Lire

Heclo, Hugh. « Hyperdemocracy ». The Wilson Quarterly 23, no 1 (1999): 62‑71.

Wright, Robert. « Hyperdemocracy ». U.S. Time (USA), 23 janvier 1995. https://time.com/archive/6726612/hyperdemocracy/.

Article rédigé par Daniel Ventre, le 10 juillet 2026. Ne pas reproduire sans autorisation. 

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