Total Pageviews

Saturday, January 24, 2026

USA - 2026NDS - National Defense Strategy - Department of War

USA - 2026NDS - National Defense Strategy - Department of War. Unclassified 23 January 2026. 34 pages. Document subtitled "Restoring Peace Through Strength for a New Golden Age of America". 

Le texte inscrit en préambule du document, signé par le secrétaire à la défense, met en avant la doctrine "America First" de D. Trump qui veut faire rupture avec un passé au cours duquel les intérêts des américains auraient été négligés. Cette critique ferme des postures, politiques, décisions des gouvernements précédents recourt à des formulations qui ne font pas dans la demi-mesure: "Previous administrations squandered our military advantages and the lives, goodwill, and resources of our people" in grandiose nation-building projects and selfcongratulatory pledges to uphold cloud-castle abstractions like the rules-based international order" ("Les administrations précédentes ont dilapidé nos avantages militaires ainsi que les vies, la bonne volonté et les ressources de notre peuple dans des projets grandioses de construction nationale et des promesses auto-satisfaites de défendre des chimères telles que l'ordre international fondé sur des règles."). "Cette approche repose sur un réalisme flexible et pragmatique". 

Le document décline les  modalités envisagées pour traduire le projet "America First" au prisme de la stratégie de défense. Le document dans son ensemble prend la forme d'un texte de déclaration de politique internationale, dans lequel les sources de tensions identifiées restent globalement les mêmes qu'auparavant (Chine, Russie, Iran, Corée du Nord, terrorisme islamiste...), mais où d'autres sont apparues (migration), et où l'on voit s'affirmer les nouveaux objectifs (Groënland...).  

L'objet "cyber" est assez peu présent dans le document. Le cyberespace demeure toutefois l'un des vecteurs des menaces qui pèsent sur la sécurité nationale. La cyberdéfense est donc au rang des priorités de la défense américaine. L'IA est à peine évoquée. 


Thursday, January 22, 2026

USA - AI in future warfare

La RAND Corporation vient de publier un rapport intitulé "How Artificial Intelligence Could Reshape Four Essential Competitions in Future Warfare" (22 janvier 2026).

De quelle manière l'IA pourra-t-elle influencer la guerre (la manière dont combattent les armées et remportent les conflits)? Question relativement conventionnelle donc, que celle de l'impact des technologies, aujourd'hui l'IA, la robotique, demain le quantique, hier le cyber, l'informatique, sur la guerre, la façon de la faire, et parfois sur la nature même de la guerre. 

Postulat: les capacités cognitives humaines (mémoire, vitesse d'analyse, fatigue, etc.) ne sont plus ou seront de moins en moins un facteur limitant. Grâce à l'IA les capacités de traitement et analyse des données/informations sont pratiquement sans limites. Ce que les auteurs du rapport formulent de la manière suivante: "AI delivers on its goal of removing the limits of human intelligence as a constraint on military operations". La question du rapport est alors: quelles sont les conséquences de cette hypothèse sur la conduite de la guerre? Pour tenter d'y répondre le rapport propose un cadre conceptuel organisé autour de 4 objets: quantité versus qualité; dissimulation versus détection; C2 centralisé versus décentralisé; cyber-offensif versus cyber-défense. 

 Les auteurs concluent: 

"Quantity could gain a significant edge over quality"

"More-sophisticated hiding could help offset advances in finding, but this will require new approaches and investments in deception"

- "Mission command—a hybrid of centralized and decentralized C2 models—will remain desirable"

- "Cyber defenses will benefit from AI in ways that could make battle networks more resilient against cyberattacks in the long term."

-  "Militaries that fail to embrace mass and deception might be at a serious disadvantage in a world of advanced AI."

USA - Déclaration d'Emily Harding (CSIS) sur l'échec de la cyber-dissuasion américaine

Testimony by Emily Harding Vice President, Defense and Security Department, CSIS, on “Defense through Offense:  Examining U.S. Cyber Capabilities to Deter and Disrupt Malign Foreign Activity Targeting the Homeland.” 13 January 2026. 

Dès la première phrase du document Emily Hardin pose un constat: la cyber-dissuasion américaine est un échec, et n'a pas su empêcher l'escalade dans les cyberattaques menées par des adversaires. Les réponses de l'Etat ont été trop timides. Non que les capacités offensives américaines soient insuffisantes. Elles sont sans doute même inégalées. Mais la puissance de ces capacités n'a pas suffi à dissuader les agresseurs. Un changement dans la manière de penser doit s'opérer: ne plus considérer les cyberattaques comme des nuisances inévitables, mais les considérer pour ce qu'elles sont, des opérations hostiles étrangères (tout en conservant la distinction entre criminalité, et actions hostiles qui sont ici le fait des puissances étrangères). Les capacités offensives sont importantes mais la défense est faible. Emily Harding propose que le gouvernement soit plus ferme dans ses postures et déclare que les cyberattaques sont des attaques, dès lors qu'elles mettent en péril la vie, la santé, la sécurité, les infrastructures critiques. Chaque cyberattaque contre les infrastructures critiques devrait par défaut être considérée comme acte intentionnel de destruction, appelant les réponses du même niveau que pour toute attaque contre les USA. Emily Harding appelle à durcir la posture, les réponses, à définir des normes internationales plus strictes, et à les mettre en œuvre.  

Tuesday, January 20, 2026

USA - Transforming Advana to Accelerate Artificial Intelligence

Dans le prolongement de la Stratégie IA pour le DOW, le même jour le Département publie un document concernant le programme Advana: "Transforming Advana to Accelerate Artificial Intelligence and Enhance Auditability Restructuring for the Artificial ". 

Advana est une plate-forme de données dédiée à l'usage du DOW, développée par le CDAO (Chief Digital and Artificial Intelligence Office) 

L'objectif est ici de restructurer Advana autour de 3 programmes distincts: 

- War Data Platform (WDP) program team: intégrer les données, fournir des accès standardisés au données

- Advana for Financial Management program team: fournir des outils d'audit financier pour préparer le budget 2027

- WDP Application Services program team: rationaliser tous les environnements applicatifs Advana

Monday, January 19, 2026

USA - Artificial Intelligence Strategy for the Department of War

Le Département de la Guerre américain (Department of War - Secretary of War) a publié le 9 janvier 20265 un document intitulé "Artificial Intelligence Strategy for the Department of War". Le document exprime les idées suivantes: 

- L'IA est désormais incontournable et va transformer radicalement, en profondeur, les forces armées, la façon de faire la guerre. Le texte ne recourt pas à la notion de "révolution dans les affaires militaires", et préfère celle de "transformation". 

- L'armée doit construire sa modernisation en s'appuyant sur les technologies IA développées par les entreprises américaines, leaders mondiales dans le domaine

- L'objectif est de renforcer la puissance de feu et l'efficacité des militaires: "...to make our Warfighters more lethal and efficient". 

- Faire table rase de tout l'héritage d'un passé qui pourrait venir freiner cette course pour la reconfiguration des forces: "Aggressively identifying and eliminating bureaucratic barriers to deeper integration, which are vestiges of legacy information technology and modes of warfare". 

- Il y a urgence. Le texte insiste sur la vitesse, l'accélération. Les délais accordés à la réalisation de certaines tâches ou nouvelles obligations au sein des services de l'armée sont courts (parfois 30 jours à compter de la publication de ce Memorandum). 

- Tout ou presque doit intégrer de l'IA, sous peine de restriction des ressources allouées: "Exercises and experiments that do not meaningfully incorporate AI and autonomous capabilities will be reviewed by the Director of Cost Assessment and Program Evaluation for resourcing adjustment. ". 

- On pourra également relever l'absence de la notion de "cyber" dans le document. Il est par contre, sans surprise, question des données, des traitements IA ("AI compute")... 

Saturday, January 10, 2026

Cuba: politiques d'informatisation, de sécurisation et de défense de son cyberespace

Le destin de Cuba est au centre de toutes les attentions, après que les USA aient mené une opération contre le Venezuela et pourraient menacer l'île d'un sort identique. Intéressons nous ici à ce qu'est le cyberespace cubain, aux politiques qui en définissent la sécurité, et aux manifestations des menaces qui affectent cet espace. Le cyberespace cubain est-il prêt à résister à des cyber-opérations qui précèderaient une attaque militaire, comme ce fut le cas au Venezuela? Le cyberespace cubain est-il aussi vulnérable et aussi exposé que ne l'a été le cyberespace vénézuélien au cours des deux dernières décennies, confronté à des cyberattaques ciblant ses infrastructures essentielles?  

Les politiques d'informatisation de Cuba
Les premiers pas de Cuba dans l'ère de l'informatique se font dès la fin des années 1960. Les Joven Club de Computacion y Electronica sont créés en 1987 pour diffuser la culture informatique auprès des jeunes. Dans les années 1990 un programme d'informatisation de la société est initié, dans un contexte difficile pour Cuba (pour une chronologie plus détaillée de l'informatisation à Cuba voir le site ecured.cu). La première connexion à Internet à lieu en septembre 1996. En 2002 est inaugurée l'UCI (Universidad de Ciencias Informaticas). Les blocus économiques et commerciaux imposés par la suite par les Etats-Unis à Cuba limitent les capacités d'acquisition de nouvelles technologies (hardware, software, accès à des ressources...) de cette dernière. Aujourd'hui Cuba poursuit son développement dans le champ informatique/telecom/internet avec le soutien d'entreprises chinoises (Huawei, ZTE..) dans le domaine des télécoms (mais aussi en appui aux stations d'interception des communications (SIGINT)). Avec la Russie, Cuba envisagerait de développer le projet Cayo Digital qui permettrait l'émergence d'une "silicon valley" ou hub du numérique. Si le nombre de citoyens ayant accès à internet augmente régulièrement, le pays dispose encore de capacités de connexion au réseau mondial modestes. Deux câbles sous-marins relient Cuba à l'internet, l'un passant par la Martinique (déployé par Orange), l'autre connectant l'île au Venezuela. Deux autres câbles relient Cuba aux Etats-Unis, mais il s'agit de liaisons réservées à la base militaire américaine de Guantanamo. 
Le document de "Politique de transformation numérique" (Transformación Digital, la Agenda Digital Cubana y la Estrategia para el Desarrollo y Uso de la Inteligencia Artificial) publié par le Ministère des Communications cubain en 2024 rappelle que cette transformation est non seulement essentielle pour le développement économique, mais qu'elle doit également contribuer à la défense de la souveraineté nationale, à la sécurité et à la protection du pays, au renforcement de la justice sociale et de l'identité culturelle, et à l'amélioration des conditions de vie des citoyens. On observe là la primauté des enjeux sécuritaires. Dans ses grandes lignes la stratégie de cybersécurité qui y est déclinée ne se distingue guère de celle que peuvent formuler les autres Etats, grands ou petits, hyperconnectés ou moins. On y retrouve les priorités suivantes: souveraineté technologique (développement d'applications par des acteurs cubains) tout en ayant conscience qu'il faut acquérir dans le même temps - et donc à l'étranger - les technologies de cybersécurité, cybersécurité des infrastructures critiques, capacités et mesures de prévention, détection, protection du cyberespace, renforcer la coopération internationale. L'accent est également mis sur l'importance de créer des contenus numériques nationaux, alternatives aux discours des médias dominants internationaux, et contrer la désinformation étrangère. 

La construction d'une politique de cybersécurité et cyberdéfense. 

Au niveau national une politique de cybersécurité est mise en œuvre qui prend forme sous diverses modalités: organisation de journées nationales de la cybersécurité, encadrement juridique de la cybersécurité (décret-loi 35 d'août 2021 qui insiste sur les droits et obligations des utilisateurs et fournisseurs de services de l'internet, la résolution 105/2021 sur les réponses aux incidents de cybersécurité, décret-loi 370 de 2018 sur l'informatisation de la société cubaine; le décret 360 du 31 mai 2019 sur la sécurité des technologies de l'information et de la communication et la défense du cyberespace national, ...) La cybersécurité est intégrée dans la politique d'informatisation du pays (elle est par exemple mentionnée dans la "Politica integral para el perfeccionamiento de la informatizacion de la sociedad in Cuba", texte de 2017). La cybersécurité est une composante de l'affrontement contre les activités "ennemies" et délictuelles. La cybersécurité est sous la responsabilité principale du Ministère des Communications (Acuerdo 8151, del 22 de mayo de 2017, del Consejo de Ministros), en coordination avec les Forces Armées Révolutionnaires et le Ministère de l'Intérieur. Elle fait intervenir de nombreux ministères et des organisations dédiées telles que le CERT de l'OSRI, le CSIRT-BCF (BioCubaFarma), Un article de NBCNews publié en 2017 fait état de l'existence d'un cyber commandement. Globalement, si l'informatisation de Cuba s'inscrit dans une histoire longue, la construction des politiques de cybersécurité, qu'accompagne la publication d'un paquet dense de texte (décret-loi, résolutions...), connaît une nouvelle étape à compter de 2017. Antérieurement toutefois le sujet fait déjà l'objet de mesures particulières: organisation des Ateliers sur l'informatisation et la cybersécurité en 2015, création du Consejo de Informatizacion y Cyberseguridad en 2013, création de la Oficina de Seguridad de Redes Informáticas (OSRI) en 2001...

Sur la scène internationale, les autorités cubaines dénoncent l'utilisation agressive du cyberespace, forme de guerre non conventionnelle menée contre des Etats souverains. Ce discours fut notamment repris par le ministre de la justice cubain à l'occasion de la signature de la convention de Hanoi en 2025. Les autorités appellent à la coopération internationale bi ou multilatérale. Des échanges ont lieu avec les alliés historiques (Russie, Chine) et des rencontres ont été organisées avec les Etats-Unis (en 2015 par exemple) sur les questions de cybersécurité.  

Des incidents répertoriés

- Juillet 2025: envoi massif de courriers à plus de 20 000 utilisateurs du service de mail étatique. Le message concerne la commémoration du 11 juillet 2021, date de manifestations massives à Cuba. les autorités dénoncent une opération de déstabilisation
- Mai 2025: d'anciens employés de Kaspersky révèlent que le groupe de hackers Careto, qui a entre autres attaqué Cuba, agissait sous contrôle des autorités espagnoles
- Janvier 2025: le compte X du Ministère des affaires étrangères cubain aurait été piraté par un un utilisateur de la plate-forme voulant promouvoir une crypto-monnaie (un jeton nommé SCUBA, supposée être la propre monnaie virtuelle de Cuba, sur Solana). 
- Mars 2024: la chaine Youtube de l'agence de presse cubaine Prensa Latina est piratée
- 24 février 2024: Anonymous Cuba défigure le site de Bufetes Colectivos de Cuba. Les messages demandent la libération de prisonniers politiques.  
- Janvier 2024: selon ETCSA (Empresa de Telecomunicaciones de Cuba), les autorités cubaines on rapporté plus de 2600 incidents de cybersécurité au cours de l'année 2023.  
- Janvier 2023: piratage de sites internet d'universités cubaines
- 12 juillet 2021, et plusieurs jours durant, des cyberattaques paralysent de nombreux sites officiels et du gouvernement, notamment de la Présidence, du ministère des relations extérieures, et plus généralement un ensemble de sites hébergés par l'ETECSA,  ainsi que des organes de presse nationale (Granma, Cubadebate), plusieurs attaques émanant, selon les médias cubains, des Etats-Unis mais aussi de France, Finlande, Inde ou encore Canada (sans qu'aucun de ces pays ne puisse cependant être mis en cause). 
- Mars 2004: défiguration du site du gouvernement cubain pendant 2 jours

Thursday, January 8, 2026

Positionnement officiel des Etats face à l'opération américaine au Venezuela

Les gouvernements de la quasi majorité des états de la planète ont réagi à l'intervention américaine menée au Venezuela. Nous avons identifié 3 principaux types de réactions (la typologie pourra être plus détaillée): 

- Les gouvernements qui ont expressément condamné l'intervention américaine (catégorie 0 dans la carte ci-dessous)

- Les gouvernements qui ont exprimé leur soutien sans retenue à l'intervention américaine (catégorie 1 dans la carte ci-dessous)

- Les gouvernements qui n'ont ni soutenu ni condamné expressément, et qui insistent plutôt sur leurs inquiétudes pour le droit international, appellent au respect des droits du peuple vénézuélien, à une résolution pacifique de la situation en se proposant parfois comme médiateurs. 

Carte "World Leaders Reactions". Copyright Daniel Ventre, 8 janvier 2026

Saturday, January 3, 2026

Les cyberattaques contre le Venezuela

Il est encore difficile ce 3 janvier 2026 de savoir si l'exploitation du cyberespace, et si oui dans quelle mesure, a pu jouer un rôle dans l'opération militaire menée par les Etats-Unis contre le Venezuela. Les USA auraient lancé une cyberattaque contre les systèmes électriques afin de plonger Caracas dans le noir au cours de l'attaque aérienne dans la nuit du 2 au 3 janvier. Plusieurs sites semblent également être inaccessibles (https://mincyt.gob.ve/, www.oncti.gob.ve, ...)

Ces dernières années le Venezuela a subi plusieurs cyberattaques. Mais rien ne différencie cette situation de celle de la quasi majorité des états de la planète. 

Ci-dessous un rapide aperçu des cyberattaques qui ont été rendues publiques. Au travers de cette courte énumération nous constatons que les cyberattaques ciblent une à une les infrastructures essentielles du pays: réseau de téléphonie, électricité, industrie pétrolière, gouvernement... 

- 15 Décembre 2025, l'entreprise étatique pétrolière PDVSA victime d'une cyberattaque. Les autorités accusent les Etats-Unis. L'entreprise a déjà été confrontée à d'autres cyberattaques et cyber-incidents au cours des années passées (en 2002, une cyberattaque freine sa production de plus de 87%). 

- Janvier 2025: un groupe d'hacktivistes né de l'alliance entre deux groupes préexistants (Team BD Cyber Ninja et Red Wolf Cyber) vise l'Inde et le Venezuela.  

- Août 2024: le président Nicolas Maduro dénonce une tentative de cyber coup d'Etat fasciste (ie. venant des USA) et affirme que les forces de défense, principalement visées, sont en mesure de résister et mettre en échec ces opérations de déstabilisation. 

- A partir du 28 juillet 2024, et durant plusieurs jours, la totalité des sites officiels du Venezuela ont été victimes d'attaques DDoS. Le Conseil National Electoral (CNE) aurait été ciblé. Les autorités dénoncent une tentative d'ingérence étrangère. Mais l'attaque contre le CNE fut fin août 2024 revendiquée par Astra, hacker leader du groupe de pirates Cyber Hunters

- Septembre 2021: le système financier vénézuélien victime d'une cyberattaque. 

- 2020: au cours de la dernière année du premier mandat de Donald Trump, la CIA aurait mené des cyber-opérations contre le régime de Maduro, paralysant les systèmes utilisés par les services de renseignement vénézuéliens. 

- Août 2019: le groupe de hackers "Machete" attaque plusieurs pays latino-américains, dont le Venezuela. Plusieurs Giga de données confidentielles de l'armée vénézuélienne sont piratés. 

-  En mars 2019, le pays est privé d'électricité. Le président Maduro affirme que ce blackout est causé par une cyberattaque. Démenti des Etats-Unis. Il semblerait que l'accusation ne repose sur aucune preuve concrète. Sur cette affaire, lire l'analyse de Joe Devanny, L.R.F. Goldoni, B. P. Medeiros (2021) qui s'attardent sur le duel rhétorique entre les USA et le Venezuela, et l'instrumentalisation politique de l'incertitude cyber. 

- Août 2018: une cyberattaque contre le principal opérateur de téléphonie mobile prive 7 millions d'individus de communications

- Août 2017: un groupe de hackers, les "The Binary Guardians", attaques les sites de 40 institutions vénézuéliennes. Les hackers dénoncent le régime dictatorial de Maduro. 

- Avril 2013: le jour des élections présidentielles, le compte Twitter de Nicolas Maduro est piraté 

- Septembre 2011: des hackers piratent les comptes Twitter de détracteurs du président Hugo Chavez. 

- Septembre 2010: piratage du compte Twitter de Hugo Chavez

- Décembre 2002: une installation portuaire du pays est victime de cyberattaque (en période de grève générale). 

La lutte contre les cyber-menaces est à ce point importante qu'elle est même devenue l'un des défis auxquels s'est attaqué Super Bigote  (Août 2024).  

Monday, December 29, 2025

Action transverse Cybersécurité et SHS (CNRS)

Une action transverse Cybersécurité et SHS est en cours de constitution. Il s’agit d’une collaboration entre le GDR Internet, IA et Société (CNRS Sciences humaines & sociales) et le GDR Sécurité informatique (CNRS Sciences informatiques).

Comité de pilotage: 

  • - Olivier Blazy (École Polytechnique)
  • - Aurélien Francillon (EURECOM)
  • - Maryline Laurent (Télécom SudParis)
  • - Pascal Marchand (Université de Toulouse)
  • - Daniel Ventre (CESDIP-CNRS)
  • - Noémie Véron (Université de Lille)

Friday, December 5, 2025

The White House. National Security Strategy of the United States of America, November 2025

The White House, National Security Strategy of the United States of America, November 2025, 33 pages. 

Si la Stratégie de 2022 accordait encore une large place au "cyber" (terme qui y était décliné 32 fois), celle de 2025 en fait peu de cas (4 occurrences seulement). L'IA ou le quantique ne font pas, eux non plus, l'objet de développements particuliers. 

Wednesday, December 3, 2025

Canada. Université du Québec. Colloque "Gouvernance et Innovation".

Colloque "Gouvernance et Innovation". 8ème édition. 17-19 juin 2026. Université du Québec. Programme à venir. 

Appel à communication : journée d’étude cyber le 19 mars 2026

ENS - CIENS. Appel à communication : journée d’étude cyber le 19 mars 2026. Thème: « Le rôle du cyber dans les conflits contemporains. Quelle place dans l’escalade ? Quelle articulation avec les autres domaines de la conflictualité ? ». Deadline: 16 janvier 2026. 

CyCon 2026

The 18th International Conference on Cyber Conflict (CyCon), will take place 26–29 May 2026 in Tallinn, Estonia.

IEEE International Conference on Cyber Humanities

The IEEE CH 2026 conference will be held in Venice, Italy, during September 7–9, 2026. The conference focuses on theoretical and practical aspects of technologies applied to Social Science and Humanities (SSH). Call for papers deadline: 12 April 2026. 26.

AMUSEC 2026

Les 19 et 20 Mars 2026 aura lieu la 10ème édition du Forum AMUSEC, Aix-Marseille Université de la Cybersécurité, au Centre International de Rencontres Mathématiques. Le programme sera publié prochainement. 

Sunday, November 30, 2025

Hong Kong: cybercriminalité, cybersécurité

 ..

Quelques incidents de cybersécurité qui ont affecté Hong Kong ces dernières années: 

Statistiques (d'après les données du CERT-HK)


Les étapes de la construction des politiques de cybersécurité de Hong Kong
Dès les années 1990, Hong Kong a introduit une législation spécifique pour la lutte contre la criminalité informatique. 
Quelques organismes oeuvrant pour la cybersécurité, sources d'informations sur la cybersécurité à Hong Kong

En dépit de la modeste dimension territoriale du territoire, l'écosystème de cybersécurité y est très dense et dynamique. On y compte des organismes officiels étatiques et des acteurs privés, produisant de la norme juridique et technique, de la coopération internationales, rapports, études, analyses, programmes de formation, initiatives, exercices, formations, conférences...
A propos de l'histoire des NTIC à Hong Kong

Revue EFRC - 2025/2 n°5

Le nouveau numéro de la revue EFRC(2025/2 n°5)  est désormais accessible sur Cairn. Numéro sur le thème "Renseignement et cyber en Asie". Sommaire

Friday, November 14, 2025

Crypto hacking - criminalité, insécurité, dans l'univers des crypto-actifs

Les performances financières réalisées par les marchés des cryptomonnaies ont attiré des millions d'investisseurs dans le monde, mais également des hackers et criminels. Les actions de ces derniers rappellent l'extrême vulnérabilité des systèmes sur lesquels repose cet univers et les risques auxquels sont parfois exposés les individus eux-mêmes. 

I - L'univers des crypto-actifs sous le feu des cyberattaques, de la violence et des actions du crime 

a) De fortes sommes sont dérobées par les hackers: 

  • Près de 71 millions de dollars sont dérobés sur Balancer (novembre 2025). En cause: une faille de sécurité exploitée par les hackers. D'autres sources font état de plus de 120 millions de $ de pertes, provoquant une baisse de 8% du cours du token Balancer. La confiance est entachée, car le hack est survenu en dépit de la douzaine d'audits de sécurité réalisée (avant l'attaque). 
  • Les piratages surviennent assez tôt dans l'histoire des cryptomonnaies. On en recense déjà en 2010-2011. Parmi les piratages les plus connus de cette période il y a l'attaque qui touche Mt. Gox et qui se solde par des pertes de près de 500 millions de $US

b) Les attaques produisent des effets immédiats sur les marchés, tels que la chute brutale de la valeur de la cryptomonnaie: 

  • Ce fut le cas du stablecoin (finalement pas si stable que ça) YU, dont la valeur est passée de 1$ à 0,20$ (2025). En cause: la manœuvre frauduleuse (création de millions de YU sans dépôt de bitcoins), et surtout la faille propre au protocole

c) Les crypto actifs attirent des hackers de toute la planète, parmi lesquels ceux que l'on soupçonne d'être liés aux Etats: 

d) Les opérations peuvent avoir une dimension politique: 

  • Exemple: le piratage de Nobitex (Iran) par des hackers israéliens, au cours du mois de Juin 2025
e) Les manipulations frauduleuses sont nombreuses: 
f) Des attaques physiques contre les individus se multiplient ces derniers mois: 
  • Tentatives d'enlèvements, enlèvements, meurtres... Ceux qui font fortune dans les crypto-monnaies, légalement ou frauduleusement, deviennent des cibles du crime. 
  • Agressions de détenteurs de crypto-actifs à leur domicile
g) Le marché des cryptomonnaies pour le blanchiment d'argent:
h) Les cryptomonnaies comme moyens de paiement des rançons
i) La traçabilité des transactions illicites
II - Les vecteurs d'attaques, les modalités d'attaques
  • Compromission de l'authentification de tokens (OAuth access tokens, pour compromettre les comptes SaaS)
  • Phishing, ingénierie sociale
  • Exploiter les vulnérabilités des applications
  • Scam, fraude
  • ...

III - Les thèmes dont traite la littérature académique, cadres théoriques, problématisation

a) Analyses économiques. Interrogations sur la solidité des systèmes fondateurs de l'économie des cryptomonnaies.
  • Risques de contrefaçon (crypto-counterfeiting). La blockchain était supposée assurer la sécurité de la circulation des monnaies et garantir l'impossibilité de les dupliquer. La blockchain n'a pas tenu ses promesses. Ces fragilités soulèvent des défis de nature juridique. Fairfield, Joshua. « Crypto-Counterfeiting ». William & Mary Business Law Review 15, no 3 (2024): 497‑551.
b) Analyses juridiques. 
  • La régulation des crypto-actifs, leur place dans les marchés financiers, comment réguler dans l'UE, études comparatives internationales...
c) Géopolitique, études stratégiques, de sécurité et de défense: 
  • risques géopolitiques 
  • impact des crypto-monnaies sur la géopolitique et les dynamiques de puissance internationales
  • les crypto-actifs en période de guerre
  • implications pour les forces d'opérations spéciales
  • ...
d) Cybersécurité, cybercriminalité
  • Impact des cryptomonnaies sur la cybersécurité


IV - Quelques lectures recommandées pour approfondir le sujet: 

Sigurðsson, Guðmundur, Alberto Giareta, et Nicola Dragoni. « Vulnerabilities and Security Breaches in Cryptocurrencies ». Proceedings of 6th International Conference in Software Engineering for Defence Applications (SEDA 2018), Springer, mars 2019, 288‑99. https://doi.org/10.1007/978-3-030-14687-0_26.

- Crypto-Asset Attack Catalog, rapport rédigé par un groupe de travail du Campus Cyber, 2022, 54 pages. 

- The Little Book of Crypto-Crime, Metropolitan Police, UK, 2025, 60 pages. 

- Cryptoassets Threat Assessment. Office of Financial Sanctions Implementation, HM Treasury, UK, July 2025, 34 pages

- Hampl, Filip, Dagmar Vágnerová Linnertová, et Matúš Horváth. « Crypto havens during war times. Evidence from the Russian invasion of Ukraine ». The North American Journal of Economics and Finance 71 (mars 2024): 102093. https://doi.org/10.1016/j.najef.2024.102093.

- Kshetri, Nir. « Scams, Frauds, and Crimes in the Nonfungible Token Market ». Computer 55, no 4 (2022): 60‑64. https://doi.org/10.1109/MC.2022.3144763.

Law, Laurie, Susan Sabett and Jerry Solinas. "How to Make a Mint: The Cryptography of Anonymous Electronic Cash." American University Law Review 46, no.4 (April 1997): 1131-1162.

V - Sites à consulter: 

- Journal du Coin (avec une page dédiée au hack)

- Crypto Scam Tracker (site du DFPI)

- Coins.fr (une page dédiée au hack, à la fraude, au scam)

- f5.com (page "Cryptocurrency Hacks 2019"). 

- chronologie de l'essor des jetons IA

- A timeline of DeFi

- Quelques statistiques sur le hacking de cryptos de 2016 à 2022

Friday, October 31, 2025

Brésil - Comando Vermelho, opérations policières et place du cyber dans la vie du gang

Le mardi 28 octobre 2025 une vaste opération policière impliquant 2500 agents menée à Rio de Janeiro (à Penha principalement, c'est-à-dire à une encablure de l'aéroport international) se solde par la mort de quelques 120 individus (dont 4 policiers). Les opérations de ce type, rarement aussi meurtrières, sont cependant nombreuses dans la capitale. On évoque plus de 80 opérations chaque mois. 700 personnes auraient été tuées en 2024 à Rio lors des opérations policières. 

Les cibles de la police étaient, ce 28 octobre, les membres du gang Comando Vermelho, l'un des principaux gangs qui au Brésil se battent pour la domination de territoires et de marchés.

De ces violences criminelles et policières, internet se fait l'écho, en diffusant des images par centaines, visibles dans le monde entier: images du massacre, scènes de guerrilla urbaine (voir également la vidéo suivante). Mais de nombreux contenus se révèlent être faux. Sur les réseaux circulent en effet des vidéos qui s'avèrent être des fake générées par IA (vidéo d'un trafiquant exprimant ses remords après son arrestation; opération policière; hélicoptère de police abattant un drone de CV; etc.) Ces images et vidéos artificielles, ainsi que la reprise d'images anciennes sorties de leur contexte, ont rapidement cumulé des millions de vues. 

Mais vraies ou non, ces images traduisent l'une des réalités de la violence en Amérique du Sud: Mexique, Colombie, Guatemala... nombreux sont les pays également touchés par les crimes des gangs. Aucun des gouvernements qui se sont succédés au Brésil depuis des décennies, de droite comme de gauche, n'ont été capables de mettre fin à cette criminalité endémique. 

Le gang Comando Vermelho est né il y a un demi-siècle dans les prisons, d'interactions entre des prisonniers politiques et prisonniers de droit commun. Puis il a prospéré à l'extérieur des prisons, suite à la libération des prisonniers politiques, mais aussi à des évasions. Dans un premier temps les membres du gang attaquèrent des banques, puis se convertirent au trafic de drogue, et étendirent leur influence au-delà de Rio de Janeiro. 

Au cours des dernières années, le gang s'est doté de technologies modernes: webcams surveillant les entrées des favelas sous contrôle; imprimantes 3D pour concevoir des armes; drones d'attaque (utilisés lors des affrontements du 28 octobre 2025) et drones de surveillance ... Le gang s'est également fait une place dans le domaine cyber. Dans les quartiers dont il a pris le contrôle, le groupe a tenté de prendre la main sur les infrastructures réseaux internet (FAI clandestins imposant leurs "services" aux populations; sabotage des réseaux des opérateurs officiels, afin de se construire un monopole sur les réseaux, acquis par la violence). Des opérations policières ont été menées pour tenter de mettre un terme à ces activités illégales (opération de juin 2025 par exemple). Les membres du gang ont également investi internet en menant des opérations de cybercriminalité conventionnelles (exemple: escroquerie en ligne), en utilisant les outils de messageries en ligne pour leurs communications, en publicisant leurs actions et leurs discours via les médias sociaux traditionnels depuis le début des années 2000 (propagande, slogans, individus revendiquant fièrement leur appartenance au gang...), ou opérations de blanchiment d'argent via des transactions sur le marché des cryptomonnaies... Le gang poursuit d'autre part ses opérations (extorsions, crimes...) de l'intérieur des prisons, les communications avec l'extérieur étant maintenues grâce aux portables introduits illégalement (le nombre de portables circulant dans les établissements pénitentiers au Brésil est impressionnant: lors des opérations de saisie dans les prisons de Rio de Janeiro en 2023 et 2024, 16000 portables ont été confisqués, ainsi qu'un routeur internet). 

De son côté, la police aurait eu recours à des outils de suivi et d'analyse des données (recoupement de données des téléphones portables, réseaux sociaux, internet; cartographie des échanges entre les membres de CV dans les groupes WhatsApp ou Telegram), pour préparer l'opération du 28 octobre. Après l'opération, les autorités ont publié en ligne les listes des personnes décédées identifiées. 

Peu d'études semblent avoir approfondi l'impact qu'a pu avoir sur le gang Comando Vermelho l'émergence de la société de l'information, et l'ère cyber en particulier. Le gang est historiquement enraciné, ancré dans des territoires physiques. Poursuit-il une même entreprise de conquête et de domination dans le cyberespace, ou bien ce dernier n'est-il qu'un outil, un instrument de communication, ou une source de revenus supplémentaires? Quid de l'Etat, des forces de sécurité? Les gangs et les forces de sécurité s'affrontent-ils dans le cyberespace? 

Thursday, October 23, 2025

Appel à communication revue EFRC

Dans son numéro d'octobre 2026 la revue Études Françaises de Renseignement et Cyber (EFRC) intègrera un dossier Cyber consacré au sujet "Puissance et vulnérabilité des Etats-Unis dans le cyberespace".

Vous pouvez soumettre une proposition d'article à la revue pour le 2 novembre 2025. Les propositions sélectionnées devront donner lieu à un article pour le 15 février 2026, pour une publication en octobre 2026.

Plus d'informations sur le site de la revue, plus particulièrement dans sa rubrique "soumettre une publication".